Le mouvement de contestation contre la modification de la loi fondamentale en République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape décisive. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) vient de jeter tout son poids dans la balance en rejetant catégoriquement l’initiative visant à réformer la Constitution. Pour les prélats, cette manœuvre n’a qu’un seul but : offrir à Félix Tshisekedi la possibilité de briguer un troisième mandat, au mépris des limitations actuelles. L’institution religieuse avertit que cette ambition politique fait peser une menace grave sur la stabilité de la nation.

Les risques d’une dérive autoritaire selon l’Église

L’épiscopat congolais ne mâche pas ses mots face à ce qu’il perçoit comme une marche forcée vers l’instabilité. Selon les dignitaires catholiques, une telle réforme expose le pays à des périls majeurs, incluant le spectre de la balkanisation. Dans un appel vibrant, ils exhortent les citoyens à rester vigilants et à se mobiliser pour prendre leur destin en main. La CENCO rappelle également au chef de l’État ses engagements solennels, l’invitant à respecter son serment de protéger l’intégrité de la Constitution.

Cette prise de position intervient dans un climat de tension croissante, peu après que le Parlement a validé la loi autorisant l’organisation d’un référendum constitutionnel. Malgré les mises en garde, le pouvoir exécutif semble déterminé à poursuivre sa feuille de route. Félix Tshisekedi choisira-t-il la voie de la sagesse ou celle de la confrontation ? Si les évêques affirment ne pas agir en politiciens, leur discours renforce indéniablement les arguments de l’opposition, créant un front commun de fait contre le régime en place.

Un avertissement pour le Palais de marbre

Ignorer la voix de l’Église pourrait s’avérer périlleux pour le président. Historiquement, l’influence des prélats a souvent été le grain de sable enrayant les ambitions de prolongation de pouvoir en RDC. Le chef de l’État actuel avait d’ailleurs bénéficié de ce soutien moral lorsqu’il luttait contre les velléités de Joseph Kabila en 2017. Aujourd’hui, les rôles semblent s’inverser. Avec une opposition qui durcit le ton et une Église qui annonce de futures actions de sensibilisation, le sommeil du locataire du Palais de marbre pourrait devenir de plus en plus agité.

Dans un pays déjà meurtri par les conflits persistants dans l’Est et confronté à des crises sanitaires récurrentes comme Ebola, une nouvelle crise politique liée à la succession présidentielle serait un fardeau supplémentaire insupportable pour la population. Le choix reste entre les mains de Félix Tshisekedi : entrer dans l’Histoire par le respect des institutions ou risquer l’embrasement généralisé.