Le gouvernement tchadien a annoncé son retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué officiel, N’Djamena justifie cette décision par un bilan jugé insatisfaisant de la juridiction internationale, qu’il accuse d’une sélectivité indéniable ciblant principalement le continent africain.

Le Gouvernement de la République du Tchad a officiellement notifié au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies sa décision souveraine de se retirer de la CPI, conformément aux dispositions de l’article 127 du Statut de Rome.

Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger explique que cette décision est l’aboutissement d’un examen approfondi du fonctionnement de la CPI depuis son entrée en fonction en 2002.

Le gouvernement tchadien s’appuie également sur les statistiques publiées par la CPI, mises à jour au 11 mai 2026, pour étayer sa position. Selon ces données, sur les 125 États parties au Statut de Rome, 33 sont africains.

Le communiqué souligne qu’à cette date, 9 des situations faisant l’objet d’enquêtes concernent des États africains, contre 4 ouvertes dans d’autres régions mais sans grande avancée concrète.

Pour les autorités tchadiennes, ces chiffres expliquent la perception largement partagée d’une concentration durable de l’activité judiciaire de la CPI sur le Sud global en général et le continent africain en particulier.

Face à ce constat, le Gouvernement du Tchad appelle l’Union africaine et ses États membres à renforcer les mécanismes judiciaires africains afin de favoriser l’émergence d’une justice continentale plus équitable, plus équilibrée, plus crédible et plus efficace.

N’Djamena réaffirme son attachement irréversible à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves, estimant que les juridictions nationales et les mécanismes judiciaires africains disposent désormain de capacités croissantes pour assumer pleinement cette mission.