Dans l’est de la République démocratique du Congo, une campagne systématique de recrutement forcé et de séquestration frappe des milliers de civils et de combattants. Des révélations récentes mettent en lumière des pratiques alarmantes orchestrées par le groupe armé M23 avec l’appui actif des forces militaires rwandaises.

Des camps de détention au cœur des abus

Le rapport documente des arrestations massives survenues entre mi-2024 et fin 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les victimes sont acheminées vers des centres de formation militaire situés à Rumangabo et Tshanzu. Sur place, les détenus subissent des traitements inhumains, allant de la torture aux exécutions sommaires, en passant par le travail forcé et l’enrôlement d’enfants soldats, certains n’ayant que 12 ans.

Témoignages d’une réalité brutale

Les investigations, basées sur des entretiens avec plus d’une centaine d’anciens détenus et des analyses géospatiales, révèlent l’ampleur du désastre. « La mort était partout », témoigne un survivant, illustrant les conditions de vie précaires où le manque de nourriture, d’eau et de soins médicaux est devenu la norme. Les gardes, parmi lesquels des instructeurs identifiés comme rwandais, imposent une discipline de fer, punissant sévèrement toute tentative d’évasion ou geste de survie.

  • Recrutement forcé : Captures dans les hôpitaux, écoles et églises.
  • Implication rwandaise : Présence de soldats rwandais confirmée par des équipements, des accents et des preuves militaires.
  • Crimes de guerre : Des actes qui pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité.

Un appel à la justice internationale

La présence militaire rwandaise, caractérisée comme une occupation belligérante, soulève des questions de responsabilité pénale internationale. Alors que les autorités rwandaises et les chefs du M23 n’ont initié aucune enquête interne, la communauté internationale est appelée à agir. Des sanctions ciblées contre les responsables et un soutien accru aux instances judiciaires, dont la Cour pénale internationale, sont jugés indispensables pour briser ce cycle d’impunité qui déchire l’est de la RD Congo depuis des décennies.